Quand quelqu'un cherche un service ou un commerce sur son téléphone, il voit trois établissements sur une carte avant le premier site internet. Ces trois places, c'est la fiche Google qui les attribue. Elle est gratuite, elle se crée en une heure, et beaucoup de fiches ont été créées il y a des années, remplies à moitié, parfois avec un nom qui peut les faire suspendre. Ce guide reprend tout dans l'ordre, du nom à choisir jusqu'aux statistiques, en séparant ce que Google écrit noir sur blanc de ce qui relève de l'habitude des praticiens.
Un mot sur le nom : l'outil s'appelle aujourd'hui fiche d'établissement Google, ou Google Business Profile. Tout le monde dit encore Google My Business. C'est la même chose.
Avant de créer : trois décisions à prendre d'abord
Google prévient que modifier le nom ou la catégorie après la validation peut déclencher une nouvelle validation. Réglez donc ces trois points avant de cliquer sur quoi que ce soit.
Le nom. C'est le nom réel de l'établissement, tel qu'il figure sur la devanture, les devis et le site. Pas « Ferrand Studio Lille création site web », juste « Ferrand Studio ». Google interdit dans le nom les villes, les métiers ajoutés, les slogans, les numéros, les horaires, la forme juridique et les majuscules abusives, et écrit que ces ajouts « peuvent entraîner la suspension de votre fiche ». Les fiches créées il y a dix ans avec « métier + ville » dans le nom sont des suspensions en attente.
La catégorie principale. C'est le premier levier de classement, et Google le dit. La règle officielle : choisir la catégorie la plus précise, celle qui décrit ce que vous êtes, pas ce que vous proposez. « Couvreur » plutôt que « Entreprise de construction », « Salon de manucure » plutôt que « Salon de beauté ». Inutile d'ajouter la catégorie générale à côté : Google indique qu'elle est incluse implicitement. Une astuce de terrain, pas une règle Google : regardez la catégorie affichée sous le nom des trois premiers sur votre requête cible, elle est publique.
L'adresse, ou pas d'adresse. Si vous recevez des clients, vous affichez l'adresse. Si vous intervenez chez eux et ne recevez personne, Google demande de la masquer et de définir une zone desservie. Ce cas a sa section plus bas.
Créer et valider la fiche
Il n'y a plus de tableau de bord séparé pour un établissement unique. Connecté à votre compte Google, tapez le nom de votre établissement dans la recherche Google, ou « mon entreprise » : le panneau de gestion s'affiche au-dessus des résultats. Sur téléphone, c'est dans Google Maps, onglet Établissement. Si une fiche existe déjà à votre nom, créée par Google ou par un ancien prestataire, ne créez pas de doublon : revendiquez-la, Google n'accepte qu'une fiche par établissement.
Renseignez nom, catégorie, adresse ou zone, téléphone (un numéro local que vous contrôlez, pas de numéro surtaxé) et site web avec l'adresse complète en https.
Puis vient la validation. C'est Google qui décide des méthodes proposées : courrier (code sous une quinzaine de jours, valable 30 jours), téléphone, e-mail, appel vidéo ou enregistrement vidéo. Sans vitrine, c'est souvent la vidéo : une séquence continue d'au moins 30 secondes, filmée au téléphone, qui montre où vous êtes (plaque de rue, numéro), que l'activité existe (véhicule floqué, outils, locaux) et que vous la gérez (accès, matériel). Examen sous cinq jours ouvrés.
Deux consignes officielles pendant l'attente : ne modifiez ni le nom, ni l'adresse, ni la catégorie, ça annule la procédure ; et Google ne vous appellera jamais pour vous demander votre code. Ceux qui le font sont des arnaques.
Tant que la fiche n'est pas validée, vos photos ne s'affichent pas, vous ne pouvez pas répondre aux avis et vous n'avez pas de statistiques.
Ce qui fait monter une fiche, d'après Google
C'est le point où la plupart des articles s'égarent. Google publie trois facteurs de classement local, et seulement trois.
La pertinence : à quel point votre fiche correspond à ce que la personne cherche. Elle dépend de la catégorie, et de la complétude des informations : Google écrit que « des informations complètes et détaillées » l'aident à comprendre votre établissement.
La distance : entre l'établissement et la personne qui cherche, ou le lieu qu'elle a tapé. Vous ne l'influencez pas, sauf par la zone desservie si vous vous déplacez.
La proéminence : la notoriété, mesurée notamment par « le nombre de sites Web qui renvoient vers votre établissement et le nombre d'avis que vous avez reçus ». Google ajoute : « plus vous obtenez d'avis et de notes positives, plus votre établissement grimpe dans le classement local ».
Et une phrase à garder sous la main pour la prochaine fois qu'on vous vend une première place : « Il n'existe aucun moyen d'obtenir une meilleure place au classement local Google sur demande ou contre rémunération. »
Tout le reste, photos, posts, boutons, description, ne fait pas monter la fiche. Ça la fait convertir : plus de clics, d'appels, d'itinéraires. Les deux comptent, mais ce n'est pas le même travail.
Ce qui fait appeler les clients
Les photos. Google en fait l'une de ses cinq actions recommandées et donne des quantités : au moins trois photos de l'extérieur, trois de l'intérieur, trois de vos réalisations ou produits, trois de l'équipe, trois « en action ». Nettes, bien éclairées, sans texte ni montage ni banque d'images, sans filtre lourd. Les photos prises pendant le travail, chez le client ou derrière le comptoir, font plus de différence que n'importe quel logo. Si votre photo de couverture est médiocre, Google peut mettre une photo client à la place.
Les services. Remplissez la liste des services avec les mots que tapent vos clients : « réparation de fuite », « pose de fenêtres PVC », « coupe homme », pas votre jargon. Chaque service accepte une description, en plus des 750 caractères de la description générale : presque personne ne les remplit. Les commerces ont les produits, les restaurants le menu.
La description. 750 caractères, sans lien, sans prix ni promotion. Activité, zone, spécialités, ancienneté, comment vous joindre, en phrases normales. Sur téléphone elle est coupée avec un « Plus » : l'essentiel dans la première phrase.
Les boutons. Le lien vers votre site, et s'il y a lieu un lien de réservation ou de devis vers une page de votre propre site. Le chat WhatsApp se règle dans Contact, mais ne mettez pas WhatsApp et SMS ensemble : seul le SMS s'affichera. Les profils de réseaux sociaux ont leur champ.
Les posts. Actualités, offres, événements. Google ne les cite pas parmi les facteurs de classement, ne les achetez donc pas comme tels. Ils montrent que l'établissement vit, et ils se programment : vous pouvez préparer un trimestre en une séance, avec répétition hebdomadaire ou mensuelle. Pas de numéro de téléphone dans le texte, c'est un motif de refus.
Les avis : en obtenir, et surtout dans les règles
Les avis sont le levier de proéminence que vous contrôlez le plus. Google fournit un lien et un QR code officiels pour les demander : Voir les avis, puis Recevoir plus d'avis. Le QR code sur la facture, la carte de visite ou le comptoir, plus une demande orale au moment où le client est content, suffit dans la plupart des cas. Le client doit avoir un compte Google.
Ce qui est interdit par le règlement de Google Maps, et qui fait sanctionner des fiches : offrir quoi que ce soit contre un avis, une remise comme un café ; trier en amont pour n'envoyer vers Google que les clients satisfaits ; demander un contenu précis ; faire écrire sa famille, ses employés ou soi-même. Tout cela est qualifié de conflit d'intérêts ou d'engagement artificiel.
Répondez à tous les avis, y compris les positifs, en nommant la prestation : « merci pour votre confiance pour la rénovation de la toiture à Lens ». C'est du texte public sur votre fiche. Pour un avis négatif : calme, factuel, pas d'attaque personnelle, pas d'argumentaire de vente. Le client est notifié de votre réponse et peut modifier son avis : c'est le seul levier légal pour faire bouger une note, car Google « ne prend pas parti en cas de conflit entre un établissement et un client ». Ne signalez que ce qui viole vraiment le règlement : spam, hors sujet, concurrent, conflit d'intérêts.
Vous intervenez chez le client : la fiche sans adresse
Si vous vous déplacez et ne recevez personne, Google demande de masquer l'adresse. Dans Modifier la fiche, Zone géographique, désactivez l'affichage de l'adresse, puis renseignez la zone desservie : jusqu'à 20 communes ou codes postaux. Le rayon en kilomètres n'existe plus. Si vous ne renseignez rien, Google choisit une zone à votre place.
Un conseil qui n'est pas une règle Google : utilisez les 20 zones sur les communes où il y a des clients à prendre, pas sur les vingt villages autour de chez vous. Un établissement qui reçoit et se déplace garde son adresse et ajoute une zone.
Entretenir la fiche
Les horaires. Google recommande de confirmer vos horaires des jours fériés même s'ils sont identiques, faites-le pour l'année en une fois. Une fermeture de sept jours ou plus passe par « fermé temporairement ». Pensez aux horaires supplémentaires si vous livrez ou faites du retrait.
Les statistiques. L'onglet Performances donne appels, itinéraires, clics vers le site, et surtout les termes de recherche réels par lesquels les gens vous ont trouvé, mis à jour chaque mois. C'est gratuit, et c'est la meilleure source pour nommer vos services et écrire votre description.
Les délais. Jusqu'à trois jours pour qu'une modification s'affiche, 24 à 48 heures pour les photos, jusqu'à un mois pour qu'un nouvel établissement apparaisse dans le classement. Ne refaites pas la fiche au bout d'une semaine parce qu'il ne se passe rien.
Les erreurs qui font suspendre
Elles reviennent toujours : un nom qui contient l'activité ou la ville ; une adresse de domiciliation, de boîte postale ou de coworking sans enseigne ni personnel ; deux fiches pour le même établissement ; un numéro surtaxé ; un site qui redirige ailleurs que vers l'établissement. En cas de suspension, l'appel demande des justificatifs au nom et à l'adresse exacts de la fiche, Kbis et facture d'énergie ou de téléphone, et vous avez peu de temps pour les fournir une fois l'appel ouvert. Autant ne pas en arriver là.
Et les intelligences artificielles ?
On lit partout que ChatGPT ou Gemini recommandent des établissements à partir de leur fiche Google. Google ne documente rien à ce sujet, et personne en dehors de ces entreprises ne sait exactement comment elles choisissent. Ce qu'on peut dire sans inventer : ces outils lisent ce qui est public, et une fiche complète, des avis détaillés qui décrivent la prestation, un site cohérent avec la fiche, sont ce qu'il y a de public sur vous. Faites bien la fiche pour Google Maps, et vous aurez fait l'essentiel de ce qu'on sait faire pour le reste.
Questions fréquentes
Google My Business ou Google Business Profile ?
Le même outil, renommé en 2022. Les pages d'aide disent « fiche d'établissement ».
Une fiche existe déjà à mon nom, je ne l'ai pas créée.
Revendiquez-la plutôt que d'en créer une seconde. Si un ancien prestataire en est propriétaire, demandez le transfert ; Google a une procédure de récupération d'accès.
Combien de temps avant d'apparaître ?
Jusqu'à un mois après validation pour le classement. Les modifications courantes, jusqu'à trois jours.
Puis-je supprimer un avis négatif ?
Non, sauf s'il viole le règlement : faux avis, hors sujet, concurrent, insulte. Un avis sincère et mécontent reste, et la réponse est votre seul outil.
Un prestataire peut-il gérer ma fiche ?
Oui, en l'ajoutant comme administrateur dans les paramètres de la fiche, jamais en lui donnant votre mot de passe et jamais en le laissant créer la fiche sur son propre compte : la fiche doit rester à vous. C'est ainsi que je travaille : la fiche est créée et remplie avec chaque site que je livre, ou seule pour 199 € si vous avez déjà un site.
Sources : pages d'aide Google Business Profile et règlement relatif aux contenus Google Maps, consultés en octobre 2026.
Maxime Ferrand
